Mail UNOF

Dernier ajout : 25 juin.


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  • 25 juin 2010,

    MAIL UNOF Juin 2010


    Crise démographique, tiens donc ?

    La Mission du Docteur Elisabeth Hubert démarre sur de bonnes bases. Elle secoue le cocotier du Ministère de la Santé et des prévisionnistes. La crise démographique sera plus précoce que prévue. Cette lucidité donne un apriori favorable sur la dite mission qui va d’emblée à l’essentiel. Toute la profession voit chaque jour la perte de médecins, souvent les plus productifs. Jusqu’alors, la responsabilité de cet état de fait en revenait à l’organisation soi-disant vieillotte de l’exercice médical libéral dont ne voudraient pas les jeunes en général et les jeunes femmes, à l’avenir majoritaires. Si ce n’était qu’un problème d’exercice, cette remarque toucherait le corps des infirmiers et infirmières qui sont toujours attirés par le modèle libéral, dans une profession très féminisée. Quand un de ces médecins disparait, on se rend compte du service qu’il rendait et du vide qui reste derrière lui. Si personne n’est irremplaçable, ceux qui ne sont pas remplacés laissent un vide. Il faut toujours, derrière les analyses, rechercher les intentions. Accabler le système actuel d’exercice (pourtant de plus en plus spontanément collectif) est un peu facile pour les politiques. Ils avancent leur pion : la Maison Médicale uni ou pluridisciplinaire, sponsorisée par l’Etat mais sans beaucoup de pérennisation financière. Va-t-on résoudre l’absence d’enthousiasme par une seule mesure structurelle ? N’est-il pas important de conserver le plus possible de médecins de famille, même si leur organisation n’est pas idéale aux yeux de la technostructure ?

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  • 31 mai 2010,

    Mail UNOF Mai 2010


    Encore une minute, monsieur le bourreau !

    Chronique d’une perte de temps… Une loi plus tard, l’Etat, par le choix du Président de la République, se rend compte qu’il faut tout recommencer. Dans un premier temps et dans la précipitation en demandant un rapport au Président du Conseil National de l’Ordre. Echec immédiat lié à la composition de la commission essentiellement basée sur les zélateurs de la loi incriminée. Le Docteur Elisabeth Hubert se voit maintenant confier une mission de propositions sur le premier recours médical qui inclut non seulement la Médecine Générale mais aussi les Spécialistes de proximité et les autres professions médicales. Projet plus ambitieux à échéance du mois d’octobre 2010. Peut-on attendre jusqu’à cette date pour avoir des mesures structurelles ? Sûrement, après les trois ans que l’on vient de perdre. Au-delà, on dépassera la date limite de péremption et tout le temps perdu ne se rattrapera plus. Les plus investis dans le métier auront brulé leurs dernières cartouches d’envie. Les jeunes n’auront pas encore gouté aux joies du métier tant sont nombreux ceux qui leur annoncent le sang, la sueur et les larmes. On le voit, plus on s’approche du mur contre lequel on est sûr de se cogner, plus on essaye de détourner le débat de ce qui fait l’essentiel : comment revaloriser d’abord les médecins en exercice afin qu’ils poursuivent leur action au service des patients ?

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  • 22 avril 2010,

    Mail UNOF Avril 2010


    Y a-t-il un avenir conventionnel ?

    Quand nous disions que nous allions vers une étatisation, beaucoup pensaient que nous exagérions. Le dernier avatar conventionnel nous donne une fois de plus raison : le Président de la République, lui-même, annonce le tarif de la Consultation remboursé au 1er janvier 2011. Il affirme que ce tarif sera inscrit dans le règlement conventionnel arbitral. Un petit peu comme si on disait à un arbitre de foot ou de rugby le score de la fin du match. Le blocage était le fait du Prince, le déblocage sera celui du Roi. Changement d’époque. Que deviennent les partenaires conventionnels quand l’individu de base a une parole au moins aussi écoutée que ceux qui représentent des milliers d’adhérents ? Le rôle d’un dirigeant n’est-il pas de légitimer ceux qui négocient et obtiennent des résultats plutôt que la pétaudière d’expression qu’est devenu internet ? Si tout a la même valeur, à quoi bon faire d’autres lois que celle de la jungle ? Que devient l’Assurance Maladie, exécuteur (testamentaire ?) d’une politique de santé erratique où la prise en charge devient de plus en plus la chasse gardée des mutuelles et des assurances privées (il n’y a qu’à voir leur bataille publicitaire sur les radios et les télés) ? Cette tendance tendrait à prouver que seuls ces organismes auraient le droit de gagner de l’argent sur la santé, mais que les médecins n’auraient aucune légitimité à gagner correctement leur vie en exerçant leur profession. Enfin, que sont devenus les partenaires sociaux sensés eux représenter l’ensemble des ayants droits ? Soit ils s’expriment par la voix du Secrétaire général de la CFDT, anti-médecin libéral primaire, soit ils laissent le champ libre aux associations de patients qui ont certes un rôle essentiel mais exercent un lobby, souvent concurrentiel entre elles et laissent de côté le citoyen lambda, cotisant, bien portant qui doit avoir un service de soins efficace et visible le jour où le recours lui devient utile.

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  • 25 mars 2010,

    MAIL UNOF Mars 2010


    Une génération sacrifiée ?

    On entend parler, avec juste raison, de l’avenir de notre profession qui repose, comme pour toute la société, sur les jeunes générations. Celles-ci avancent leur revendication, leur projet de vie professionnelle et personnelle. Elles ont des moyens de pression forts qui reposent beaucoup sur une liberté acquise et maintenue par leurs ainés. Parlons un peu de ces ainés qui sont encore le gros des troupes de la Médecine Générale en activité. N’ayons pas peur de rappeler ce que fut leur première partie de vie professionnelle. Arrivés au bout de 7 années sur le marché de travail de la Médecine Générale, ils se sont installés dans une période concurrentielle sans arrière pensée autre que celle de rendre service et de réussir leur vie professionnelle. Cette vie professionnelle s’accompagnait de contraintes horaires lourdes, d’évolutions conventionnelles erratiques, de dévaluation constante de l’exercice de la Médecine Générale. Rappelons ici qu’il faut attendre 2005 pour voir l’astreinte de la permanence de soins honorée. Les Médecins Généralistes ont, pendant des années, rempli leur obligation déontologique (avant qu’elle devienne facultative) sans que celle-ci soit rémunérée. Tous les Médecins Généralistes qui ont passé la cinquantaine et qui sont numériquement majoritaires, se retrouvent piégés par les mesures prévues dans les années à venir, tels que les nouveaux modes d’installation, les mesures démographiques, l’insécurité sur leur revenu de remplacement qu’est l’ASV.

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  • 26 février 2010,

    MAIL UNOF Février 2010


    Installation, exercice : la fragilisation de l’existant ne sécurise pas l’avenir

    On parle beaucoup de la réticence des jeunes médecins Généralistes, garçons ou filles, à épouser, comme on disait dans le passé, la carrière libérale d’un métier qu’ils ont appris après neuf ans de dures études et deux concours sélectifs. De ce fait, ceux qui ont en charge la démographie médicale cherchent à résoudre le problème par une modification structurelle de la profession. La solution unique. Des maisons de santé pluridisciplinaires ou des maisons médicales. Les pôles de santé, plutôt plébiscités par les médecins et les autres professionnels de santé installés, ne semblent pas encore déclencher l’enthousiasme chez les tutelles. Le rapport Valencien ne fait que les évoquer. Cette modification de l’activité médicale fait évoluer le mode de fonctionnement des professionnels. On glisse doucement du concept d’installation, avec une notion de durabilité et parfois de propriété, à celui d’exercice. De fait, on admet que beaucoup des futurs pratiquants dans les lieux de soins les moins attrayants en terme de vie privée y auront une activité instable, intermittente et à durée limitée. D’autres types de rémunération seront mis en place pour faire coïncider revenu et mode d’exercice. On peut sans beaucoup se tromper penser qu’il faudra dans ces lieux pour un même travail médical un plus grand nombre de médecins qu’actuellement, ce qui, dans une période de décrue démographique, relève de la gageure. Devant cette constatation, le numerus clausus risque d’être quantitativement court pour à la fois régler le départ des médecins du baby boom et adapter la démographie aux nouveaux modes de fonctionnement. L’augmentation du nombre de médecins à temps partiel dans ces nouvelles structures va entrainer un problème sur la retraite des médecins libéraux.

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  • 28 janvier 2010,

    Mail UNOF Janvier 2010


    Parole donnée, parole reprise

    La relation entre les médecins libéraux, Généralistes et Spécialistes, repose sur un pilier conventionnel qui s’effrite au fil du temps, risquant d’effondrer le pacte social entre nos professions et la société. L’Assurance Maladie, tiraillée entre plusieurs objectifs dont le moindre n’est pas la recherche de l’équilibre financier, a vu au fil du temps sa marge de manœuvre de négociation réduite à la potion congrue par le monde politique. Lors des dix dernières années, les demandes légitimes des professionnels en termes de rémunération n’aboutissent souvent qu’après un conflit. Ce conflit met toujours mal à l’aise les médecins. Ils sont culpabilisés face aux patients auxquels ont fait croire qu’une augmentation d’honoraires mettrait à bas tout le système de remboursement. L’analyse objective montre que les honoraires sont loin d’être la cause principale de la dérive financière actuelle. Faut-il ne jamais augmenter les médecins généralistes libéraux, sous prétexte d’un mauvais sentiment collectif face à une demande sectorielle ? Dans les milieux salariés hospitaliers, la progression de la rémunération, indiciaire ou de statut, a lieu régulièrement malgré les déficits des hôpitaux publics, dont évidemment les médecins ne sont pas responsables. Il en est de même du secteur libéral. La responsabilité du médecin libéral est évidente à son niveau, et uniquement à son niveau, tout comme le patient à son niveau, les décideurs à leurs niveaux. Ces décideurs demandent toujours plus aux médecins. Plus de services, plus de documents, donc on devrait pouvoir avoir recours à des aides salariées de secrétariat qu’il faut bien financer et promouvoir en termes de salaire. Ce coût de la pratique médicale, qui permet d’accroitre la qualité de la réponse, n’est jamais vraiment pris en compte par ces fameux décideurs. En 2005, on a essayé de mettre en place une dynamique conventionnelle qui permettait une progression des honoraires. Toujours en retard d’un train, elle est vécue avec raison par les médecins de terrain comme un rattrapage d’un dû et non comme une évolution permettant une vision et des investissements à long terme. Après une période de réorganisation, financée à hauteur des difficultés économiques, le politique décide du blocage et s’expose à une opposition d’abord rampante, puis explosive face à ce que les médecins analysent avec juste raison comme une reprise de la parole donnée.

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  • 18 décembre 2009,

    Mail UNOF DÉCEMBRE 2009


    Médecine Générale libérale : une profession à respecter

    Cette fin d’année est synonyme de révolte dans la profession médicale. Cette révolte est alimentée par l’attitude méprisante du Pouvoir envers les médecins généralistes de ce pays. Une loi a été votée. Entendant à l’époque que le son de cloche de ceux qui viennent de l’abandonner, la Ministre de la Santé a construit une loi basée sur deux orientations principales : répondre au problème démographique que lui remmenaient aux oreilles les élus locaux ; éviter une grève des internes qui désorganiserait fortement les hôpitaux. Il ne restait donc qu’une population à toucher : la piétaille généraliste libérale. Les députés, parfois au-delà du projet de loi, ont suivi comme un seul homme pour cette basse besogne. Un petit coup d’autorisation d’absence, un grand coup de contrat d’exercice déporté sous peine de sanction financière, un schéma d’organisation des soins qu’on clame non opposable, alors qu’on envisage déjà des réquisitions pour ce qui concerne la Permanence de soins. Pendant ce temps, la Ministre de la Santé affirmait que le C à 23 euros était provisionné en 2009 (après l’avoir dit pour 2008), tout en précisant que les objectifs n’étaient pas atteints, oubliant un peu vite qu’aucun accord de maîtrise n’avait été signé. Pour bien montrer l’inutilité des médecins généralistes, on organisait en dehors d’eux la vaccination anti-grippe pandémique. On connait le résultat, on en attend avec impatience le bilan. Pour l’instant, la France a plus de malades que de vaccinés, et même si cette analyse est courte, cela ne peut que questionner.

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  • 27 novembre 2009,

    Mail UNOF Novembre 2009


    Crépuscule

    La Médecine Générale, celle à laquelle les Français sont attachés, se retrouve blackboulée par une multitude d’avanies et autres évolutions qui font craindre pour son avenir. On sentait bien depuis deux, trois ans que l’époque que nous vivons serait décisive pour le devenir de notre métier (et pas seulement de lui, plus généralement l’exercice libéral des professionnels de santé). Toute une organisation risque d’être mise à mal avec, pour première conséquence, un désintérêt croissant de ceux qui exercent la Médecine Générale ou de ceux qui voudraient l’exercer. Quasiment 15% des Généralistes n’exercent plus que dans le remplacement, va-t-on attendre qu’ils soient 30% pour réagir ? L’évolution devrait être protectrice pour une profession en voie d’extinction. En lieu et place, on augmente les difficultés de l’exercice. Que penser de la déclaration d’absence ? S’agit-il d’une mesure motivante ? Qui va s’investir dans des contrats santé solidarité en pensant que sortir de son cabinet quatre demi journées pour aller jouer aux intermittents de la médecine va valoriser son image ? Comment admettre qu’en demandant aux sages femmes de suivre les examens biologiques liés à la prise des contraceptifs oraux, on enrichit la prise en charge par le médecin traitant de la globalité de la personne. D’ailleurs, ces mêmes sages femmes demandent à être correctement rémunérées pour leur cœur de métier, plutôt que de se voir rajouter du travail sans véritable rémunération complémentaire. On passera rapidement, mais profondément meurtri, sur l’absence de la revalorisation de la Consultation tant de fois promise, suspendue à de nombreux prétextes plus fumeux les uns que les autres.

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  • 22 octobre 2009,

    Mail UNOF Octobre 2009


    Les travaux d’Hercule de la Médecine Générale

    On a beau aimer son métier, l’exercer avec compétence et humanité, cela ne suffit pas pour répondre à la demande de reconnaissance de nos confrères. En 2002, l’UNOF avait été initiatrice du combat. Elle a continué son travail syndical en 2005 avec le médecin traitant et la hausse régulière du montant de la Consultation. Tout s’est arrêté après la hausse de 1 euro en 2007. Promis, le C à 23 euros reste dans les limbes. Et de quoi nous parle-t-on : de Santé Publique, de Prévention, de prises en charge des maladies chroniques. Sans d’autre moyen que l’augmentation du temps de travail. A trop charger la barque, on passe sous la ligne de flottaison et le navire coule. Devant l’absence de reconnaissance, on voit dans toutes les régions l’abandon de l’exercice libéral par une partie de ceux qui sont à 2,3 ans de l’âge de la retraite. On se prive de professionnels de qualité, véritables bibliothèques médicales de proximité, qu’on regarde brûler sans le moindre geste. On change d’époque. Tous ceux qui exercent la Médecine Générale se sont déjà adaptés depuis une vingtaine d’année à la révolution scientifique, aux atouts et aléas conventionnels. En comparaison, les demandes des patients ont peu changé et sont souvent décalées par rapport aux réels besoins (le recours immodéré et non justifié aux urgences est un exemple emblématique). Nous sommes là pour améliorer la prise en charge et par ce biais faire évoluer l’attitude de nos concitoyens face à leur santé. Peut-on le faire avec efficacité sans moyen nouveau ? Sûrement pas.

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  • 25 septembre 2009,

    Mail UNOF Septembre 2009


    L’orée du bois conventionnel

    Pendant cinq mois, la profession médicale va rentrer en négociation avec l’Assurance Maladie pour une nouvelle Convention. Nous allons nous enfoncer dans le maquis des textes régissant les rapports Assurance Maladie – médecins libéraux, avec en observateur le politique sourcilleux, soucieux de popularité et d’élections. Elle devra apporter une réponse forte aux enjeux de la spécialité de Médecine Générale. L’Union Nationale des Caisses d’Assurance Maladie (Uncam) a validé les orientations de son directeur qui serviront de cadre de discussions. L’UNOF, au sein de la CSMF, est en responsabilité, comme en 2002, comme de 2005 à 2007, périodes où nous avons arraché des revalorisations. L’arrêt de cette dynamique, voulue par les opposants à la Convention, a fait perdre du temps à notre profession. La Loi HPST, voulue par les mêmes, arrive avec son cortège de contraintes dont la déclaration d’absence n’est pas la moindre. En découvrant au fil du temps les délices de cette Loi qui devient celle de tous, les Médecins Généralistes attendent un nouveau souffle conventionnel leur permettant de sécuriser leur exercice professionnel. Tout cela, bien sûr, intervient dans un contexte économique complexe où la Sécurité Sociale retrouve les déficits abyssaux si souvent décrits. Même si le déficit repose sur la diminution des recettes, la rengaine des économies pesant sur les Généralistes va revenir. L’UNOF a l’impression qu’on est arrivé à l’os de ces économies après les trois milliards obtenus depuis 2005. La demande sera donc la reconnaissance de notre spécialité si souvent clamée par les tutelles et même provisionnée en terme de rémunération aux dires de la Ministre de la Santé.

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