Virulix n°33  / 19-05-2011

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Protégez-nous des experts, nous nous occupons de nos ennemis


Avec les affaires récentes et les différentes positions des organismes officiels de régulation et de décision, on ne peut éviter de se poser la question de la place des fameux experts, dont on se rend compte de la limite de l’expertise. Sans parler de tromperie sur la marchandise, on est en droit de se demander comment on aboutit à un échec aussi patent avec des êtres aussi brillants. Le médecin généraliste a l’impression d’être le trouffion de première ligne qui va au feu en confiance dirigé par des généraux qui ont tous les galons nécessaires dans leur champ de connaissance. Las. La bataille est perdue d’avance puisque l’Etat-major est imperméable au sens critique. Résultat : la piétaille se fait hacher menu par une justice aux aguets et des média toujours prompts à casser du médecin. Qui est responsable au-fin-du-fin ? Ce salaud de trouffion qui a eu le tort de faire confiance aux ordres des estafettes du bien-pensant Etat Major, rempli d’alter egos non pratiquants mais bien pontifiants sur la vie quotidienne des médecins généralistes. Pour tout dire il y en a un peu marre, et même beaucoup marre, des vrais faux médecins des organismes décisionnaires et irresponsables.


Virulix


Chronique gourmande : cuisinez les généralistes au MOK.


La cuisine chinoise a le WOK pour composer des plats savoureux. La médecine générale a ses cordons bleus qui utilisent un ustensile redoutable. Il s’appelle le MOK, ancien président de MG France et actuel vice-président au titre de ce syndicat de l’Union Professionnelle de Franche-Comté. Ce fin cuisinier utilise les bonnes vieilles recettes de son syndicat mono-catégoriel. Comment cuisiner donc le généraliste au MOK ? D’abord, il faut l’extraire de son milieu naturel et le mettre à dégorger dans une maison médicale en l’obligeant à quitter son cabinet et à abandonner sa propriété pour éviter que le généraliste garde un goût amer. Cette étape est importante. Une fois endormi par un discours lénifiant sur la place du médecin de premier recours blablabla, on met le médecin généraliste à mariner pendant plusieurs mois dans un bouillon de contraintes de surcharges administratives et de blocage d’honoraires. Après cette étape, on le fait revenir, même s’il est revenu de tout, dans un bouillon, sorte de galimatias de paroles soporifiques, où tout en le mettant au centre de l’assiette, on fait peser sur lui des contrats santé solidarité, des autorisations d’absence et autres. Si malgré tout le généraliste renâcle encore, on écrit à un ami député pour qu’il augmente la contrainte de ces mesures afin d’attendrir le bestiau. On le place dans une casserole « assurance maladie » dont tous les maîtres-queue s’emparent chaque fois qu’ils veulent casser du médecin. Le laisser mijoter trois ans. Quand il est bien cuit (les critères de cuisson sont essentiellement un aspect cramoisi appelé le burn-out), on l’assaisonne de quelques transferts de tâches. On l’agrémente à son goût en dispersant du Capi, épice forte dont le cuistot affirme être signataire à l’encontre du mot d’ordre de boycott qu’il a lui-même lancé. Si tout cela ne vous donne pas le dégout de la cuisine au MOK … bon appétit !


Secret Story


La réunion des syndicats avec l’assurance maladie devait rester secrète afin de ne gêner qui que ce soit. Malgré cela, la presse a été informée et le bruit a couru. Qui donc avait pu bien lâcher le morceau ? Quel responsable peut rester crédible s’il n’est pas capable de garder sa langue dans des circonstances difficiles, si ce n’est pour les compliquer ? Quelle légitimité quand il s’agira d’engager la signature de son syndicat ? Difficile de tenir parole quand on ne peut pas se taire. 


Mythologie grecque


La Grèce va mal. Mais elle exporte bien son modèle mythologique. La FMF a même adopté un de ces modèles, l’Hydre. Celle-ci n’a que deux têtes. Du moins visibles. Chaque fois qu’on coupe une tête de l’Hydre, elle se régénère. L’histoire dit qu’il faut couper toutes les têtes pour éviter sa régénérescence. Nous ne souhaitons pas sa disparition tant le spectacle est réjouissant. Le problème, c’est que les deux têtes se bouffent entre elles, faisant craindre pour la pérennité de la bestiole. Hercule et Les Mânes des anciens présidents sont plus que perplexes devant un tel spectacle.

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