Mail UNOF Janvier 2010  / 28-01-2010

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Parole donnée, parole reprise

La relation entre les médecins libéraux, Généralistes et Spécialistes, repose sur un pilier conventionnel qui s’effrite au fil du temps, risquant d’effondrer le pacte social entre nos professions et la société.
L’Assurance Maladie, tiraillée entre plusieurs objectifs dont le moindre n’est pas la recherche de l’équilibre financier, a vu au fil du temps sa marge de manœuvre de négociation réduite à la potion congrue par le monde politique.
Lors des dix dernières années, les demandes légitimes des professionnels en termes de rémunération n’aboutissent souvent qu’après un conflit. Ce conflit met toujours mal à l’aise les médecins. Ils sont culpabilisés face aux patients auxquels ont fait croire qu’une augmentation d’honoraires mettrait à bas tout le système de remboursement. L’analyse objective montre que les honoraires sont loin d’être la cause principale de la dérive financière actuelle.
Faut-il ne jamais augmenter les médecins généralistes libéraux, sous prétexte d’un mauvais sentiment collectif face à une demande sectorielle ? Dans les milieux salariés hospitaliers, la progression de la rémunération, indiciaire ou de statut, a lieu régulièrement malgré les déficits des hôpitaux publics, dont évidemment les médecins ne sont pas responsables. Il en est de même du secteur libéral. La responsabilité du médecin libéral est évidente à son niveau, et uniquement à son niveau, tout comme le patient à son niveau, les décideurs à leurs niveaux.
Ces décideurs demandent toujours plus aux médecins. Plus de services, plus de documents, donc on devrait pouvoir avoir recours à des aides salariées de secrétariat qu’il faut bien financer et promouvoir en termes de salaire. Ce coût de la pratique médicale, qui permet d’accroitre la qualité de la réponse, n’est jamais vraiment pris en compte par ces fameux décideurs.
En 2005, on a essayé de mettre en place une dynamique conventionnelle qui permettait une progression des honoraires. Toujours en retard d’un train, elle est vécue avec raison par les médecins de terrain comme un rattrapage d’un dû et non comme une évolution permettant une vision et des investissements à long terme.
Après une période de réorganisation, financée à hauteur des difficultés économiques, le politique décide du blocage et s’expose à une opposition d’abord rampante, puis explosive face à ce que les médecins analysent avec juste raison comme une reprise de la parole donnée.

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Branche généraliste de la CSMF
UNOF-MAIL /// Jeudi 28 Janvier 2010


Parole donnée, parole reprise


La relation entre les médecins libéraux, Généralistes et Spécialistes, repose sur un pilier conventionnel qui s’effrite au fil du temps, risquant d’effondrer le pacte social entre nos professions et la société.
L’Assurance Maladie, tiraillée entre plusieurs objectifs dont le moindre n’est pas la recherche de l’équilibre financier, a vu au fil du temps sa marge de manœuvre de négociation réduite à la potion congrue par le monde politique.
Lors des dix dernières années, les demandes légitimes des professionnels en termes de rémunération n’aboutissent souvent qu’après un conflit. Ce conflit met toujours mal à l’aise les médecins. Ils sont culpabilisés face aux patients auxquels ont fait croire qu’une augmentation d’honoraires mettrait à bas tout le système de remboursement. L’analyse objective montre que les honoraires sont loin d’être la cause principale de la dérive financière actuelle.
Faut-il ne jamais augmenter les médecins généralistes libéraux, sous prétexte d’un mauvais sentiment collectif face à une demande sectorielle ? Dans les milieux salariés hospitaliers, la progression de la rémunération, indiciaire ou de statut, a lieu régulièrement malgré les déficits des hôpitaux publics, dont évidemment les médecins ne sont pas responsables. Il en est de même du secteur libéral. La responsabilité du médecin libéral est évidente à son niveau, et uniquement à son niveau, tout comme le patient à son niveau, les décideurs à leurs niveaux.
Ces décideurs demandent toujours plus aux médecins. Plus de services, plus de documents, donc on devrait pouvoir avoir recours à des aides salariées de secrétariat qu’il faut bien financer et promouvoir en termes de salaire. Ce coût de la pratique médicale, qui permet d’accroitre la qualité de la réponse, n’est jamais vraiment pris en compte par ces fameux décideurs.
En 2005, on a essayé de mettre en place une dynamique conventionnelle qui permettait une progression des honoraires. Toujours en retard d’un train, elle est vécue avec raison par les médecins de terrain comme un rattrapage d’un dû et non comme une évolution permettant une vision et des investissements à long terme.
Après une période de réorganisation, financée à hauteur des difficultés économiques, le politique décide du blocage et s’expose à une opposition d’abord rampante, puis explosive face à ce que les médecins analysent avec juste raison comme une reprise de la parole donnée.
L’attitude des généralistes, trainant des pieds lors de la prise en charge de la pandémie grippale, reposait beaucoup sur le positionnement de la Ministre de la Santé face à leurs légitimes revendications. Cette perte de confiance, ce retrait de la parole donnée, ces déclarations lénifiantes sur la place du médecin généraliste dans le système sont plus mal vécues qu’une attaque frontale.
Au moment où la Convention vient de s’achever, où la Loi qui musèle la médecine libérale va s’appliquer, où la démographie médicale décline, le politique a intérêt d’encourager la mise en place d’un contrat clair et volontariste entre les médecins libéraux et la société par l’intermédiaire de l’Assurance Maladie.
Basé sur le respect des uns et des autres, un accord doit être appliqué. Les premiers à devoir le respecter sont les politiques. Ere nouvelle quand on vit depuis 2007 dans celle du mépris.
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Dr Michel COMBIER, Président de l’UNOF-CSMF

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