MAIL UNOF Juillet 2005  / 22-07-2005

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UNOF-MAIL /// Jeudi 21 Juillet 2005

Devoirs de vacances

L'arrivée des vacances conduit toujours à faire le point sur l'année écoulée. Les médecins généralistes ont pris le pouvoir sur le système de santé. En étant choisis unanimement comme médecins traitants, voulus par la loi, ils deviennent incontournables maintenant et dans le futur. Plus personne ne conteste ce rôle. La progressivité est la marque de la nouvelle donne, dans le maintien de la médecine libérale. Cette progressivité rend peut-être moins visible les profondes modifications.
Pourtant. La coordination pour les personnes les plus malades est honorée pour tous les médecins traitants, et non plus pour une minorité. Une ébauche de nomenclature s'applique aux nourrissons et doit s'étendre aux enfants de 2 à 6 ans. La permanence de soins avec la régulation préalable, le paiement de l'astreinte, la majoration des actes régulés, n'a jamais autant évolué, même s'il y a un retard à l'allumage particulièrement irritant.
Les opposants ne se sont pas trompés. Ils se sont empressés de remettre leur formulaire de médecin traitant, sachant impossible d'injurier l'avenir.
Faut-il pour autant se satisfaire de ce que nous avons obtenu ? Sûrement pas. L'immobilisme est la négation du syndicalisme. Même si la situation des comptes sociaux et nationaux n'est pas favorable, les tutelles doivent être convaincues que la qualité ne se brade pas. Le financement nécessaire doit être vécu comme un investissement, investissement sur l'avenir de nos métiers au service de la population.
Pendant la trêve estivale, la veille syndicale et la réflexion continuent. L'application de l'accord sur la permanence des soins, les versements sur l'Affection de Longue Durée, autant de devoirs de vacances pour nos représentants.
2006 doit être l'année des généralistes. Tous les outils sont en place pour ce faire. Sans l'implication de chacun rien ne sera possible.

Dr Michel COMBIER, Président

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Dossier Médical Personnel : du rêve à la réalité.

Comment transformer une gageure en réalité ? Voilà l'enjeu du déploiement du Dossier Médical Personnel. Le pire serait de déployer cet outil sans l'accord profond de la profession médicale. Les généralistes, par leur réseau de proximité, seront les plus impliqués dans ce déploiement. Sans eux rien de possible. Il ne sera pas difficile pour un syndicat de s'opposer à une machinerie technocratique qui compliquerait par trop l'exercice quotidien. Les médecins suivraient en masse.
Des limites ne devront pas être franchies. La facilité d'utilisation avec une saisie unique est la première condition nécessaire, mais non suffisante.
Le DMP se doit d'être un outil de qualité des soins. Son orientation d'emblée comme outil de maîtrise économique entraînerait une réticence majeure des médecins et l'échec immédiat. Il rejoindrait le cimetière des éléphants, au côté du plan câble et d'autres grands projets dont la conception oubliait l'élémentaire simplicité du fonctionnement.
Le DMP doit protéger les demandes de confidentialité du patient. Mais son désir de masquer certaines données ne doit pas mettre en danger le médecin traitant en terme de responsabilité.
Nous sommes là au début d'un grand chantier qui nécessitera un investissement. Encore ces sacro-saints investissements. Croire que les médecins généralistes accepteront cette prise en charge nouvelle sans valorisation de leur travail est illusoire. Penser que les modifications techniques nécessaires puissent être à la charge du médecin doit immédiatement être retiré de l'esprit des concepteurs.
Le grand enjeu sera donc de faire coïncider l'intérêt du patient et l'implication de la chaîne de soins, sans jamais oublier que le temps d'écoute et d'examen clinique est l'essence de l'exercice médical. Il faut que ce message nous le fassions passer aux décideurs, afin de ne pas perdre l'énergie du soin dans les méandres de la technique.
Si le DMP libère du temps pour la prise en charge des patients, il aura réussi son premier challenge. Si l'amélioration de la coordination rencontre la pertinence du juste soin tant médicale qu'économique ce sera un succès.
L'ampleur de l'ambition montre la difficulté de la tâche.

Dr Michel COMBIER
Président de l'UNOF

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Calendrier vaccinal 2005 : des nouveautés surtout pour le ROR

Elévation inexpliquée des transaminases : penser à rechercher auprès de l'entourage des signes évocateurs d'un syndrome d'apnées du sommeil

Un essai de phase II apporte des résultats prometteurs dans le traitement de la SEP

 
 

LES REACTIONS DE NOS LECTEURS

Vous trouverez ci-après l'ensemble des réactions que vous nous avez envoyées suite au Mail-UNOF du mois dernier. Michel Combier vous y répond.

REPONSE COLLECTIVE DE MICHEL COMBIER :

Le débat sur le transfert des compétences et la démographie ne laisse pas indifférent ceux qui se projettent dans le futur et qui ont chevillé au corps et au cœur l'avenir de leur métier. Dans une période où la démographie est étale, il faut trouver de nouvelles solutions, pour centrer le médecin sur le travail médical. La recherche de solutions, dans le cadre des URML avec les autres professionnels de santé, aidée par le financeur, à savoir l'URCAM qui détient une grande partie des chiffres de l'exercice local, est une excellente initiative. Ces travaux sont entrepris dans beaucoup de régions et les représentants de l'UNOF sont à la pointe de la réflexion. Profitons-en pour les remercier du temps sacrifié pour le bien collectif.
L'augmentation massive du numerus clausus est-elle une solution ? Je comprends la réaction du Dr. Voisin qui exprime bien les difficultés d'exercice quotidien avec une augmentation certaine de la charge de travail. Toutefois, le problème démographique repose sur une analyse certes quantitative, mais aussi qualitative. Sans créer une filière d'installation, l'augmentation des diplômés pourrait être contre-productive avec augmentation du nombre de médecins dans les régions déjà fournies. Nos confrères les plus jeunes sont opposés à cette orientation, ce qui parait légitime. Ce serait leur imposer un mode d'activité, qui nous est actuellement imposé par l'évolution démographique. On voit bien toute la difficulté. Ne pas retomber dans la concurrence délétère des années quatre-vingt, tout en couvrant harmonieusement les besoins et le territoire, sans contraindre. Vaste programme.
Pour ce qui concerne les frais inhérents à la mise à jour des logiciels de télétransmission, nous avons informé le directeur de l'UNCAM de ce problème. La Caisse a dû mal à estimer le vrai coût de cette action, du fait de la disparité des logiciels et des lecteurs. Nous restons vigilants sur ce point, qui ne concerne pas que les médecins généralistes.
Nous avons déjà évoqué le problème de la publicité dans notre mail mensuel. Malgré ce que croient certains sur la gratuité d'Internet, vous présenter un produit fini demande un investissement financier. Certains journaux de la presse générale, tout en étant opposés au capitalisme, affichent à longueur de numéro des publicités de grands groupes industriels. Là n'est pas le pire. Nous vivons dans un siècle paradoxal, il faut l'accepter sans se compromettre. Ce qui compte, c'est notre liberté de parole par rapport à l'annonceur.
Enfin, nous remercions toujours le docteur Delamare pour sa réflexion mensuelle toujours aussi négative et populiste. Elle nous manquerait. Surtout qu'elle s'accompagne d'aucune proposition, ni question, à la différence des autres confrères qui ont une notion claire et démocratique du dialogue. Il n'est pas nécessaire de penser à l'identique pour échanger, mais il suffit d'éructer quand on a rien à dire. D'où la raison pour laquelle je ne censure aucune de vos réactions laissant chacun juger des idées des autres.

VOS REACTIONS :

1/ Chantiers, verbiage, langage technoploutocratique un vrai bonheur à l'Unof d'essayer de comprendre ce qu'ils disent!
Dr. Delamare

2/ Bien sur qu'une meilleure définition des taches est louable, qu'une vraie solidarité dans l'interprofessionnalité ferait avancer l'esprit d'équipe...et que dire de l'unité syndicale si difficile à trouver malgré tous vos efforts. Mais de grâce, s'il est un point sur lequel tout le monde doit être d'accord c'est qu'il faut ouvrir largement le numerus clausus IMMEDIATEMENT....Regardez la moyenne d'age des Médecins par catégories, avez vous une notion de leur épuisement, de leur charge de travail...pour trouver que tout va pour le mieux!Nous voyons assez de comportements d'autruches pour ne pas les singer. Vous ne nous avez pas habitue à cela .Alors en cas de doutes:sondage sur notre activité Pro et non Pro, inquiétudes, facilité à se faire remplacer, à trouver un successeur.......Ce n'est plus un problème de valeur de l'acte, mais un problème de décence face à la qualité de notre vie.
Bruno Voisin

3/ Michel,
Pour aller dans ton sens, sache qu'un groupe de reflexion s'est crée en basse normandie, sous l'impulsion de l'urcam, qui a pour théme la délégation des taches des médecins généralistes. Ce groupe est constitué de 2 MG manchots, de 2 MG calvadociens et de 2 MG ornais dont je fais partie ainsi que le président de la CPAM de la Manche.
La premiére tache du groupe a été de recencer, consultation aprés consultation, l'activité standard du médecin généraliste bas-normand, et de chiffrer, en pourcentage, la part de sa consultation consacrée à l'examen clinique, de même pour les réponses téléphoniques, de même pour les papiers administratifs, de même pour les activités de prévention  etc, etc...
Ce travail est déja fait.
Nous nous réunissons de nouveau à la rentrée afin d'envisager, ce qui pour la medecine generale, pourrait être délégué, soit aux para-médicaux, comme les IDE, soit aux services sociaux, soit à la SS qui pourrait faciliter notre travail par le biais de formulaires moins complexes, et peut être préimprimés.
Ainsi, la fonction des MG pourrait être recentrée sur leur fonction premiére, l'expertise médicale.
Je vous tiendrais au courant des résultats de notre groupe de travail
Fréderic GAY, président de l'unof orne, membre de la cpl et de la cpr basse normandie.

4/ je fais partie dun groupe de travail dont l'initiative revient à l'URCAM et à l'URML de basse normandie.
Ce groupe comprend 2 médecins généralistes de chacun des 3 départements bas normands et est présidé par le directeur de la cpam de la manche.
Dans un premier temps, l'objectif est de recenser, consultations aprés consultations, sur 3 jours pour chaque médecin, le % age de temps consacré à telle ou telle activité, par exemple, temps pour l'examen, temps pour les actes techniques, temps pour les activités de prévention, temps administratif...
Le recensement a été fait et notre groupe va se réunir de nouveau à la rentrée, pour que, à partir de ce constat, nous puissions faire des propositions sur le partage des taches de la médecine générale, non seulement vers les para-médicaux, mais aussi, parfois vers les services sociaux, et vers, je l'espére, les cpam, qui pourraient dans bien des cas nous éviter du gachis d'emploi du temps, en imaginant des procédures ou des formulaires plus simples.
Comme le dit Michel, les départements sous médicalisés comme le mien, et dont la situation va considérablement s'aggraver dans les 5 ans à venir, doivent réfléchir  à cette cogestion des taches qui nous incombent actuellement avec d'autres partenaires.
Le médecin généraliste, denrée rare, doit se recentrer sur son activité principale, l'expertise médicale.
Amitiés
Frédéric GAY, président de unof orne.

REACTIONS RAPPORT BERLAND :

5/ une chose a été oubliée a mon avis...La prise en charge par les caisses de l' évolution des modules de télétransmission, et de leur maintenance.
La mise à jour d' un logiciel coute actuellement de 300 à 800 euros, la mise à jour du lecteur de carte de 28 à 380 euros (et encore ils ne pourront pas faire tout, et il faut attendre Septembre dans la plupart des cas pour avoir une carte de mise à jour). Parfois même on est obligé de racheter un nouveau lecteur...et tout ça pour quoi? ou pour qui? encore pour la caisse. Certains logiciels nécessitant plus de 6 heures de travail d' installation, payés au prix fort par le médecin..... c' est un coup a faire revenir aux feuilles de soin manuelles.......Ce qui va bientôt être le cas... enfin c' est juste ce qu' en pensent 150 médecins d' un département rural, qui font largement plus de 60 heures par semaine.... (Formation et administratif non inclus bien sûr)
C. THIBAULT

6/ d'accord sur le fond et la forme, bravo
mais voir en dessous, une pub pour un labo me hérisse le poil et si notre indépendance passait par le refus du"soutien" de l'indudtrie qui en fait ne cherche qu'à nous lier voire aliéner
fermons leur la porte de notre syndicat ils n'ont aucune place sur nos publications et tant pis si le papier est moins joli, les mails moins beaux
soyons et restons indépendants
Osons mettre les labos dehors, je le fais depuis plus de 10 ans
et on a une autre vision du monde de la médecine, croyez moi.....
DR JC TELLIEZ
256 rte nationale
59930 La chapelle d'armentières

 
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