MAIL UNOF Janvier 2005  / 30-01-2005

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UNOF-MAIL /// Vendredi 28 janvier 2005


Passons aux choses sérieuses.

Depuis toujours, l’UNOF a souhaité que les médecins généralistes, TOUS les médecins généralistes, soient au centre de la répartition des soins, tout en gardant la liberté d’exercice et le caractère libéral, avec la prépondérance du paiement à l’acte. Le médecin traitant tel qu’il apparaît dans la convention est le début de la réalisation de notre ambition. Refuser pour les généralistes serait suicidaire. Veux-t-on les défendre en souhaitant que d’autres s’arrogent ce rôle ? Garder sous le coude le formulaire des patients, de quel droit ? Alors que nous avons milité pour leur responsabilisation, quel intérêt de les dissuader de la démarche ? Il faudra bien sûr dans cette convention évaluer et faire évoluer.

Quand une majorité des représentants professionnels se lancent dans la contractualisation, comment ceux qui ont régné au mépris de cette majorité peuvent-ils maintenant s’indigner sans paraître ridicule.Ridicule comme leur annonce de 80% des cabinets fermés un samedi, ridicule en souhaitant le maintien du médecin référent, leur seule revendication, option jamais évaluée ni respectée et dont un petit nombre retire des avantages frisant le privilège. Il est temps de retrousser les manches pour faire marcher et réussir la maîtrise médicalisée, qui nous donnera de nouvelles marges de manœuvre pour améliorer encore le sort de tous les médecins généralistes. Réapprendre le contrat conventionnel aux médecins, après des années de jachère, peut sembler une gageure. La tâche ne sera pas facile, nous en avons conscience, mais nous avons l’honnêteté de montrer la direction.


Docteur Michel COMBIER, Président


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Permanence de soins : d’où l’on vient ? 2002 et l’appel à la grève générale restera comme la date d’un avant et d’un après.

Le temps de la garde avant 2002, c’était l’appel direct du médecin de famille par son patient, pour des motifs pas toujours urgents ... nom dans le journal ? Garde pour sa clientèle, « présence d’astreinte » non rémunérée 365 jours par an ... pas question d’aller au cinéma.
Puis SOS Médecins est arrivé en ville laissant un peu de liberté aux médecins des villes. Certains cantons ont commencé à mutualiser leur garde d’abord la semaine puis le week-end. Tout fonctionnait tranquillement et puis la charge de travail de jour a continué à augmenter, le ras-le-bol est parti de rien et s’est étendu à toute la France. Régulation par le 15, grève des gardes mais présence sur le terrain avec réquisition si nécessaire.
Tout commence là, les généralistes réalisent qu’une fois régulés les appels chutes :
moins d’appels = moins de dérangements.....un lendemain plus serein.
La profession s’organise en caps dans certaines régions, en mutualisant les moyens sur des territoires plus vastes. Le sauce est entrain de prendre pour aller où (suite au prochain article).



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20 ans et l’UNOF devient le premier syndicat de médecins traitants

Vers 1983, la Fédération des omnipraticiens de France (FNOF) est en crise : certains veulent quitter la CSMF, d’autres non. Finalement, certains restent et, le 18 novembre 1984, l’UNOF naît officiellement. C’est une femme, Antoinette Viénet qui en prend la présidence. Il apparaît aujourd’hui d’autant plus important de le souligner qu’elle sera l’unique représentante de la gent féminine - en tout cas dans les 20 premières années.
Très vite, l’UNOF entre dans un gros chantier, une convention devant être signée en 1985.

Ses premières idées phares : le paiement à l’acte a beau constituer le mode de rémunération le mieux adapté pour la majorité des actes, d’autres modes de rémunérations peuvent être envisagés pour certains champs d’activité - prévention et dépistage notamment. En outre, le syndicat a à cœur la prise en charge des charges sociales par les caisses. Au cours d’une assemblée générale de la CSMF, l’UNOF insiste aussi sur l’idée que les tarifs opposables permettent un exercice de qualité dans une convention unique. Mais, avec la signature en 85 de la convention par la CSMF, contre son avis, l’UNOF change peu à peu son fusil d’épaule : il devient difficile en secteur 1 de faire de la médecine de qualité, alors... Le passage d’Antoinette Viénet à la présidence de l’UNOF aura été bref. Dès novembre 1985, Jean Dugué reprend ce poste. Il y restera jusqu’en septembre 1992. Pendant sa présidence, le Dr. Dugué aura à participer à la mise en place de la convention. La suivante, uniquement signée par la FMF - ensuite rejointe par le tout jeune syndicat MG-France - place la CSMF, et donc l’UNOF, en situation d’opposition en 1990 et 1991. Notons au passage que cette convention sera annulée en Conseil d’Etat dès 1992.

Michel Chassang prend la suite de Jean Dugué en janvier 93, après avoir été vice-président de l’UNOF. Il possède à ce jour le record de longévité à la tête de l’UNOF puisqu’il la quittera en avril 2002. Près de dix années de présidence donc, au cours desquelles se seront succédées la création de l’association de FMC du syndicat (FORMUNOF), du journal du syndicat (Médecin de famille) mais aussi le mouvement de protestation contre la maîtrise comptable fin 95, les journées de fermeture de cabinets en 96, la rédaction du projet confédéral mais aussi, en 2000, l’affirmation de la position de leader syndical généraliste. 2000, c’est aussi l’année où l’UNOF participe à la semaine santé morte entre Noël et le Jour de ! l’An. Un an plus tard, le syndicat lance l’opération « honoraires déshonorants » dans le but d’obtenir la revalorisation de la consultation à 20 €. Le mouvement se poursuit durant tout le premier semestre 2002.

En avril, Michel Combier,« généraliste toulousain, au crâne un peu dégarni mais bien rempli », dit de lui Bernard Rougier, secrétaire général du syndicat, arrive à la présidence de l’UNOF tandis que l’autre Michel passe à la présidence de la CSMF. C’est alors le début de nouvelles négociations, qui échouent indubitablement, aboutissant du coup au Règlement Conventionnel Minimal signé au beau milieu du mois d’août par Michel Chassang. Un an plus tard, après que la réforme de l’assurance maladie soit enfin votée, de nouvelles négociations au rythme nocturne effréné ont lieu : la CSMF, le SML et Alliance signent ensemble une convention le 12 janvier 2005. C’est l’aboutissement d’une large réflexion sur la place du meacu ! te ;decin généraliste dans le système de soins, ce qui permet effectivement à Michel Combier de dire que désormais, l’UNOF est le premier syndicat de médecins traitants.



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LES REACTIONS DE NOS LECTEURS

Vos réactions au Mail-UNOF du mois dernier
Chaque mois, Michel Combier opèrera une sélection de vos réactions afin d’y répondre.

Dr. Michel Delporte : N’oubliez pas les petits secteurs isolés de nos campagnes et de nos montagnes, inextensibles pour des raisons géographiques, et où le nombre de médecins diminue : ils justifient que l’on soit imaginatif, innovant et généreux si on ne veut pas concourir à leur désertification médicale.
Une petite minorité qui aurait bien besoin que l’on mette les projecteurs sur elle si elle veut survivre !
Dr. Michel Combier : Nous cherchons à être imaginatifs et généreux. Nous espérons pouvoir apporter des solutions par la convention mais aussi à l’extérieur de celle-ci : médecin collaborateur ; aides des collectivités locales ; stages bien rémunérés des futurs praticiens dans des lieux de stage tel que les secteurs isolés, etc.

Dr. Richard Payan : Comment réfléchir sans parler de prise en charge des patients, donc comment limiter les plages horaires sans penser que certains font H24 pour traiter l’imbécile qui a eu la mauvaise idée de faire une crise grand mal à 3h du matin en rentrant de boite à 26 ans après arrosage et pour pas mélanger en sautant le traitement.
Reconnaissons qu’il faut quelques couillons pour faire cela.
Les UPATOU privés assurent une PDS effective H24 J365, et personne ne songe à dire que cela mérite des honoraires décents, et non pas un C0,8 !
Cela devient réellement insupportable !
Dr. Michel Combier :La prise en compte de la garde par les médecins urgentistes en UPATOU (essentiellement des généralistes) est une des revendications constante de l’UNOF-CSMF. Vous savez comme moi qu’il y a sur ce sujet un conflit d’intérêt entre vous, la clinique et les caisses d’assurance maladie. Nous considérons que le sort qui vous est fait est indécent et cela fait partie des sujets qui devront être réglés lors de la mise en place de la PDS.

Dr. Francis Abramovici : Cher confrère,
Le travail d’explication de cette (assez complexe) évolution de la rémunération du généraliste est bien utile. La mise en perspective encore plus.
Et la vérification que le but à atteindre c’est bien celui de la qualité (et non de la quantité d’actes) n’est pour l’instant pas évident (la démographie médicale risquant de déborder les capacités des MG de répondre à la demande des patients, phénomène déjà commencé).
Ceci suppose la possibilité comme pour le spécialiste soit de ne traiter qu’un sujet de consultation de façon approfondie, soit de répondre à plusieurs demandes (2.3 en moyenne mais sans doute plus si l’on repère de façon plus fine l’ensemble des motifs de consultation) lors de la consultation.
Ceci ne peut se faire que si C = CS assez vite (la nouvelle classification se devra de le dire et de l’écrire), c’est à dire à une date disons de moins de 5 ans.
Sinon l’avantage que les généralistes vont retirer de cette nouvelle convention risque de ne pas être si grand en terme de conditions de travail, de pression quotidienne des caisses , même si pour les médecins secteurs I l’avantage financier est évident.
Depuis le C à 20€ c’est tout autant les conditions de travail, la qualité de vie quotidienne, qui est réclamée par les confrères que l’évolution légitime de la rémunération. Et l’aspect symbolique (tant pour les étudiants, que pour les praticiens en exercice) de la reconnaissance d’une spécialité de médecine générale, dont la pratique est éminemment plus difficile que celle d’une spécialité, passe par une rémunération de l’acte identique à celle du spécialiste.
La pédiatrie en est un exemple mais ne peut suffire .
Merci de ce que vous réussirez à négocier dans ce sens.
Merci également de ne pas laisser le secteur II devenir un monstre hors de toute démarche de qualité avantageuse.
Dr. Michel Combier : Seule la nomenclature des actes permettra de rémunérer le médecin sur le contenu de sa consultation, qu’il soit spécialiste de médecine générale ou d’organe. Cette hiérarchisation a toujours été bloquée par l’ancienne équipe. Nous espérons être maintenant entendus et tenir les délais inscrits dans le texte conventionnel.


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