Discours de Bernard ROUGIER  / 22-01-2005

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VINGTIEME ANNIVERSAIRE DE L UNOF..... HISTORIQUE

BON, quand Michel Combier m’a dit « il faut que tu présentes l’historique de l’UNOF en 15 minutes » : j’ai bêtement dit oui et je me suis fait berné, parce que résumer 20 ans en 15 minutes, je vous dis pas ! Et voila déjà dix secondes de perdue !

Alors papy, tu nous la racontes ton « UNOF » ? ok ! J’y vais

Il était une fois un syndicat qui s’appelait la FNOF, Fédération Nationale des Omnipraticiens de France, créée par Gérard VALINGOT qui définissait« le médecin généraliste » comme un médecin de famille à la fois clinicien psychologue et confident.

C’était en 1947 et c’est l’année où je suis né aussi, donc j’ai pas bien connu.

Ce syndicat adhérait rapidement à la CSMF.

Faisons un bon de 35 ans, ce n’est rien à l’échelle historique.

1980 : j’ai grandi, par contre la FNOF vasouille (moins de 2000 adhésions)

Les Docteurs Bouyer et Laroze Président et Secrétaire Général de la FNOF publient un texte sous le titre « sortir de l’impasse » qui appelle à l’autonomie du syndicat omnipraticien et s’oppose au docteur Jacques Beaupère alors secrétaire général de la CSMF qui succédera bientôt au docteur Monnier à la présidence confédérale.

Tout cela, je l’ai retrouvé dans les archives, car au bout de trois années d’installation, je n’étais pas encore passionné par les combats ésotériques qui caractérisent le syndicalisme médical.

Mais, je vous conseille la lecture instructive de l’article de Jacques Beaupère dans notre revue « Le Médecin de Famille »de ce mois-ci.

1981 : comme l’écrit Hubert Wannepain, dans la plaquette réalisée pour les 70 ans de la CSMF, le premier des septennats Mitterrand débute sous le signe de l’ambiguïté avec les médecins : De Nicole Questiaux, inaugurant à Saint Nazaire, le premier et le dernier Centre de santé intégré à Jack Ralite, Ministre Communiste de la Santé, qui lui, n’a pas laissé que des mauvais souvenirs aux syndicalistes médicaux.

1982 : Premier souvenir de syndicalisme au bout de cinq années d’exercice, je ne sais pas trop comment je me retrouve vice-président du syndicat départemental de l’Isère.

Le Président de l’époque me dit : « il se passe quelque chose pour les généralistes à la conf., tu devrais aller voir. »

En février, la FNOF et le Syndicat National des Médecins de Groupe, mené par William Junot et André Dogué organisent les Assises nationales de la médecine générale à Reims, où s’opposent deux tendances : les indépendantistes menés par Laroze qui n’a pas de langage assez dur pour fustiger la CSMF et qui parle de secouer les cocotiers, et les réformistes dans lequel on retrouve Marc Bonnel et André Dogué qui siègeront plus tard comme vice-Président et Secrétaire Général de la CSMF.

Mais, en 1983, se sont les réformistes qui l’emportent et à son congrès de Bayonne, la FNOF décide de se saborder au profit de la création de l’UNOF qui restera affiliée à la CSMF .

Deux photos portraits retrouvées dans le « Médecin de France » illustrent la montée des jeunes à cette AG : un certain Docteur Patrick Brezac et une certaine Docteur Elisabeth Hubert, que personne ne connaît.

BON alors l’UNOF ça vient !!? Pas si simple !

Le Docteur Jacques Beaupère décide la tenue, des « Etats Généraux de la médecine générale » le 16 juin 1984, où les avis restent toujours partagéssur la question : dans la CSMF ou hors la CSMF ?

A la fin de la journée, est constitué « un comité de salut public de la médecine générale » de 24 membres dont certains sont dans cette salle (Elisabeth Hubert, Patrick Brezac, Alain Masclet, Alain Prochasson et votre serviteur).

On y trouve également Richard Bouton, Alain Pradoura, Nicole Renaud qui partiront pour fonder plus tard MG France).

Parmi les membres les plus marquants de ce comité de salut public, je garde le souvenir des silhouettes contrastées de deux médecins du Val de Marne : un petit gros jovial, Albert Bruyère qui restera un des gourous de l’UNOF en particulier sur l’organisation de la permanence des soins et un grand plutôt maigre à l’époque, assez sérieux et rigoureux : l’actuel secrétaire général actuel de la CSMF, Hubert Wannepain. Toute ressemblance avec des personnages du cinéma américain ne serait que pure coïncidence...

Début octobre 1984, ce comité de salut public dresse un constat très pessimiste, sur l’état de la médecine générale mais il énonce cependant les grandes lignes de force de l’axe du métier de généraliste qui ne doit pas se limiter au premier recours et à la permanence des soins mais jouer un rôle essentiel dans la coordination, la synthèse et la prise en charge globale du patient tant au niveau préventif que curatif et palliatif.

Il affirme également quatre ou cinq directions que devrait prendre la futur UNOF pour sortir la médecine générale de son marasme :

- Tout d’abord, il réaffirme la volonté de maintenir un exercice libéral de la médecine générale conciliant sa dimension sociale à travers une convention avec l’assurance maladie.
- Il réaffirme que le paiement direct à l’acte apparaît être le mieux adapté pour la majorité des actes curatifs, mais que d’autres modes de rémunérations complémentaires devront être envisagés pour les nouveaux champs d’activité. (prévention, dépistage, recherche, épidémiologie, enseignement...), mais rejette explicitement une rémunération à la capitation selon le modèle anglais.
- Il réaffirme l’exigence de la prise en charge des avantages sociaux du médecin conventionné par les caisses et des aménagements fiscaux tenant compte du caractère particulier de l’engagement conventionnel.
- Il insiste sur le caractère spécifique que représente la visite à domicile pour le médecin généraliste pour 1984.
- A propos de la formation initiale, il insiste sur la nécessité de sortir de la sélection par l’échec, de l’intervention de généralistes en exercice dans l’enseignement initial, avec un stage auprès du praticien obligatoire au cours du troisième cycle et la création dans chaque UER d’un département de médecine générale.

Les généralistes confédérés ont droit à leur première Jeanne d’Arc, Nicole Renaud, mais celle ci est Aveyronnaise et elle va voir son doux seigneur d’alors le docteur Jacques Beaupère pour organiser à Rodez un « séminaire national de la médecine rurale » qui se tient fin octobre 1984.

Je fais donc route avec un autre médecin généraliste de l’Isère vers l’Aveyron.
Le retour fait apparaître un clivage entre nous deux : pour lui hors l’indépendance : point de salut pour la médecine générale, pour moi le généraliste est un chef d’orchestre, qui travaille avec des musiciens spécialisés. On sent que ces deux conceptions opposées de notre exercice vont aller vers un clivage quasi inéluctable.

De nombreux rapports sur la médecine ont vu le jour dans les années 80, du rapport Steg sur les urgences au rapport Fougère sur la réforme des études médicales, en passant par le rapport Lazard sur l’avenir de la médecine générale.

Le premier travail de l’UNOF est d’établir le cahier des charges de la future convention prévue en 1985, sur les bases des travaux du comité de salut public.

Dans le domaine des nouveaux champs d’activité, un foisonnement d’idées avait lieu : de la Bretagne, à Dinard avec Marc Bonnel en 1983, à l’Alsace avec Gaston Bendavid, en passant par le Val de Marne et l’organisation des urgences en ambulatoire avec Albert Bruyère et par Reims et la formation continue, avec André Dogué.

Le 18 novembre 1984, c’est la naissance officielle de l’UNOF, le « Syndicat des Médecins de Famille » au sein de la CSMF. Dans le même temps, les spécialistes adhérents à la CSMF, se réunissaient dans le cadre de l’UMESPE, sous la houlette du docteur Guillard.

Les voix de Nicole Renaud semblant l’entraîner déjà vers un autre destin, le premier président de l’UNOF sera quand même une présidente, sous les traits de sa nouvelle égérie : Antoinette Vienet, médecin généraliste de 37 ans exerçant à Evreux.

Début 1985 au cours de l’assemblée générale de la CSMF, l’UNOF réaffirme son attachement à des tarifs opposables permettant un exercice de qualité dans une convention unique.

Après une partie de bras de fer, avec Edmond Hervé, la CSMF décide de signer une nouvelle convention en juin 1985 malgré l’opposition affirmée de la présidente de l’UNOF car le secteur I n’y trouvait pas son compte.

Fin 85, devant l’impossibilité d’obtenir des tarifs opposables compatibles avec une médecine de qualité, le comité directeur de l’UNOF décide de s’orienter vers une politique de desserrement des tarifs afin d’éviter un différentiel trop pénalisant par rapport au secteur dit à honoraire libre (secteur 2). Ceci est résumé par le docteur Bouscau-Faure qui écrit : « nous refusons d’être complice d’une dérive de la médecine vers la capitation ou le salariat auquel à force de paupérisation nous risquons d’être contraints ».

Je garde un très vif souvenir de cette période de crise que traversa l’UNOF.

L’image qui me revient est une réunion du comité directeur où une certaine Elisabeth Hubert représentante des Pays de Loire se faisait un malin plaisir à peler des oranges, pendant que la Présidente tentait d’argumenter sa position, mettant cette dernière dans une rage folle.

Finalement, mais les oranges d’Elisabeth n’y sont pour rien, Antoinette Vienet, est mise en minorité, et c’est le Docteur Jean Dugué, sémillant généraliste moustachu de 37 ans exerçant à Saintes, qui lui succède. Il interviendra tout à l’heure, toujours sémillant malgré 20 ans passé ... et toc...

Vu de la Caisse d’assurance maladie, contre vents et marées c’est toujours FO qui assure la présidence de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés, en la personne de Maurice Derlin.

Témoin d’une époque, le Docteur Jean Bouyer, Président de la FNOF de 1973 à 1983,décède en 1985.

Son nom sera donné à la grande salle de réunions du siège de la CSMF, avenue de la Tour Maubourg.

Pour l’UNOF, les premiers mois de 1986 furent essentiellement consacrés à la mise en route de la nouvelle convention, notamment en ce qui concerne la Permanence des soins, les alternatives à l’hospitalisation, la prévention et la Formation initiale et continue.

Cette année là voit le lancement du SML (Syndicat des Médecins Libéraux) par des tenants du secteur II.

En Juin 1986, Richard Bouton et Nicole Renaud lançaient le projet d’un syndicat de médecins généralistes indépendant des centrales pluridisciplinaires, basé sur une stratégie corporatiste d’exploitation du mécontentement et de la perte de la représentation identitaire de la médecine générale.

Leur message rencontrait indéniablement un vif succès auprès de nos confrères, mais il masquait soigneusement leur projet à long terme d’une évolution vers la capitation ou une médecine de caisse.

On m’accusera d’esprit partisan, et on aura certainement raison, mais avec le recul du temps, je reste persuadé que cette opposition artificielle entre généralistes et spécialistes et la division des forces syndicales de la médecine générale ont été une catastrophe pour la défense de son exercice depuis 18 ans.

Claude Evin, Ministre Socialiste des Affaires Sociales de l’époque, ne s’y trompe pas, et accorde la représentativité syndicale à MGFrance, avant les négociations de 1989, et fait voter en novembre à coups d’articles 49-3, une loi permettant la signature de conventions séparées, pour les généralistes et spécialistes.

De grèves en manifestations, le début de 1990 est extrêmement chaud mais une convention est signée en mars par la seule FMF qui acceptait paradoxalement le gel du secteur 2 dont elle s’était fait le défenseur.

Autant entre 85 et 89, le mécanisme conventionnel avait pu fonctionner avec la participation de la CSMF, autant les débuts de cette convention FMF furent difficiles.

Paradoxalement MG France vient au secours de la FMF début 1991, en rentrant dans la danse de la nouvelle convention, y introduisant du même coup les contrats de santé, ancêtre du médecin référent, mais devant l’hostilité générale professionnelle ; cet avenant ne fut jamais appliqué.

Par contre, il en coûtait son poste à Maurice Derlin que l’on croyait inamovible à la présidence de la CNAMTS où il était remplacé par un autre représentant de Force Ouvrière : Jean-Claude Mallet.

Au moment où celui-ci tente de renouveler un dialogue plus large, avec l’ensemble des syndicats médicaux, Claude Evin est remplacé par Jean-Louis Bianco qui fait voter la première loi sur les enveloppes globales qui aura le mérite de mobiliser contre elle dans les rues de Paris 150000 professionnels de santé, le 11 Juin 1991.

Jean-Claude Mallet et Jean Dugué, Président de l’UNOF à l’époque, nous ayant fait la gentillesse de participer à une de nos tables rondes, je me délecte par avance d’avoir leur point de vue sur cette période.

Cette période d’opposition a cependant permis à la CSMF et à ses composantes UNOF et UMESPE d’affiner son projet professionnel, en particulier l’idée de la création d’URML (Union Régionale de Médecins Libéraux) instances complémentaires de l’Ordre et des Syndicats.

La convention FMF-MGFrance sera finalement annulée par le Conseil d’Etat en 1992.

La confusion qui en résulte obligera le gouvernement à prêter une oreille plus attentive au projet confédéral et René Teulade, Ministre des Affaires Sociales, fait voter début 1993 une loi instituant ces Unions Professionnelles, mais comme rien n’est jamais simple, sous la pression de MG France, la loi y introduit le clivage des médecins dans un double collège, spécialistes et généralistes.

Début 1993, Jean Dugué décide de passer le flambeau de la présidence de l’UNOF.

Notre syndicat continuera à se battre dans la direction qu’il a tracée pour la reconnaissance du rôle de synthèse de la médecine générale, à travers la tenue d’un dossier médical, la mise en place d’un examen périodique annuel et la coordination des soins pour les ALD, ainsi qu’un espace de liberté tarifaire pour les médecins généralistes.

(il s’agit bien de l’AG UNOF de février 1994). 10 ans d’effort seront nécessaires pour arriver à obtenir gain de cause.

C’est un relatif nouveau venu du fin fond de Cantal, un certain Michel Chassang, qui sera désigné par l’UNOF pour poursuivre dans cette voie avec la même obstination.

Je me souviens très bien de la première prise de parole de Michel au comité directeur pour laquelle ma réaction de déjà vieux routard avait été : Quel est donc ce blanc bec qui veut nous donner des leçons ?...

Trois mois après, j’entrais comme secrétaire général adjoint de Charles Zuinghedau au bureau de l’UNOF sous sa présidence.

Mais, à ce moment là rien n’est joué, et malgré la présence de Jean-Claude Mallet, Président de la CNAMTS invité par Jacques Beaupère à l’assemblée générale extraordinaire de la CSMF, celle-ci rejette le projet de nouvelle convention. Cet échec entraîne à la démission du Président de la CSMF.

Claude Maffioli, Président de l’UMESPE, lui succède à ce poste et reprend les négociations pour aboutir à une « convention unique » signée en octobre 1993, basée sur une maîtrise médicalisée des dépenses et l’introduction révolutionnaire à l’époque d’un référentiel médical (les fameuses RMO) rapidement suivi par la naissance de l’ANDEM, précurseur de l’ANAES.

Siégeant alors au Comité Médical National pour l’UNOF, je peux témoigner de la difficulté de la tâche mais aussi de la ténacité des représentants confédérés face à nos confrères Médecins conseils sous la houlette d’apparence bon enfant mais vigilante du médecin Conseil National Chef : Jean Marie Benech.

Cette période m’a parue riche de promesses mais l’anxiété suscitée par le signalement obligatoire des références médicales renforcée par le dénigrement corporatiste systématique de MG France et le laps de temps trop court entre la mise en place de cette nouvelle convention et les premières élections aux URML ont fait que leur résultat furent « en dessous des espérances » pour l’UNOF...bref on a pris une veste quoi !

Malgré la déception des élections aux URML, l’UNOF continue !!!!

1994 voyait naître FORMUNOF, Association de Formation Médicale Continue portée sur les fonds baptismaux par Alain Masclet, et dont l’œuvre est poursuivie avec ténacité, par Elisabeth Rousselot-Marche.

Ce fut également l’année de développement du journal de l’UNOF, « le médecin de Famille » grâce au docteur Regis Giet.

1995 : réflexions sur la formation médicale initiale sous la houlette de Paul André Béfort qui deviendra un des premiers professeurs associés de médecine générale.

Les problèmes liés à l’informatisation des cabinets médicaux font leur apparition à travers le mini-scandale du projet Medsyn-Cider-Medco liant le syndicat MGFrance, à une firme pharmaceutique international.

Mais l’informatisation des cabinets médicaux est indissociable de la mise en place d’un dossier médical pour le patient et du codage des actes et des pathologies auxquels l’UNOF travaille avec la WONCA (Organisation internationale de médecine générale).

L’été de 1995 est celui des illusions. Elisabeth Hubert, ancien membre du comité directeur de l’UNOF devient Ministre de la santé.

Je me souviens avoir accompagné Michel Chassang dans le bureau du nouveau Ministre qui nous exposa son programme et lui avoir dit : avec tes idées sur la réforme de l’hôpital, tu ne tiendras pas six mois.

Au mois de novembre, Elisabeth Hubert est écartée, (elle est virée quoi !..) au profit de Jacques Barrot chargé de mettre en musique le fameux plan Juppé de sinistre mémoire.

C’est le grand chambardement.

Le 17 novembre 1995, 5 000 médecins sont réunis par la CSMF pour protester contre la maîtrise comptable.

Début 1996, Michel Chassang envoie une lettre ouverte à Raymond Barre pour ses propos scandaleux à l’encontre de la médecine générale à la télévision.

L’été 1996 est donc celui de la désillusion qui voit l’éviction de Jean-Claude Mallet et de FO de la présidence de la CNAMTS au profit de Jean-Marie Spaeth, CFDT, dont le premier acte sera de signer avec le seul syndicat MGFrance un accord minimaliste sur le financement de la télétransmission Sésam Vitale au moyen de l’argent récupéré sur le dos des médecins début 96, grâce aux sanctions collectives du plan Juppé.

Plusieurs journées de fermeture des cabinets ont lieu fin 1996.

L’UNOF lance notamment pour le jeudi 3 octobre au soir, un appel à la grève générale des visites de nuit. Ce mot d’ordre, largement critiqué par la direction nationale de MG France, connaît cependant une ampleur considérable dans toute la France.

À la fin de l’année, l’assemblée générale extraordinaire de l’UNOF, réaffirme sa représentativité pour la médecine générale à travers la CSMF en exigeant l’élaboration un projet crédible de coordination des soins entre généralistes et spécialistes (motion AGO du 14/12/96 : 80% des voix).

Le 21 décembre 1996, j’avais, comme tous ceux qui avaient travaillé avec lui au sein de l’UNOF, l’immense peine d’apprendre le décès d’Albert Bruyère.

En 1997, l’UNOF met la dernière main à un projet de réseau coordonné de santé qui donne lieu à d’âpres discussions avec l’UMESPE et contribue à la finalisation du projet confédéral qui sera à la base de la politique CSMF pour la politique à venir.

Mais déjà les caisses proposaient un texte de convention pour mettre en musique le plan Juppé.

En juin 1997, après les élections législatives, le gouvernement Jospin nomme le couple Aubry-Kouchner aux Affaires de la santé, alors que l’enquête de représentativité montre l’effondrement de la confiance des généralistes en MG France.

Jean-Marie Spaeth et Richard Bouton, soutenus par la Mutualité Française, signent séparément une option conventionnelle de filière de soins, créant un médecin référent, et dans la foulée les tristement célèbres Comité Médicaux Régionaux.

Des conventions séparées sont signées par MG France et l’UCCSF. La CSMF poursuit sa cure d’opposition à la maîtrise comptable, façon Aubry.

L’option médecin référent est déclarée illégale en conseil d’état, qui annule les deux conventions.

Les médecins sont donc sous un régime de règlement conventionnel minimal ce qui laisse le temps à Martine Aubry de modifier la loi par le biais du PLFFS.

Mais cette fois, c’est le conseil constitutionnel qui déclare illégal un certain nombre de dispositions de cette loi.

Cela n’empêche pas les Caisses et MG France de re-signer pour un tour une convention séparée pour les généralistes avec médecin référent et CMR à la clef, dont le chapitre sur les sanctions collectives sera également annulé par le conseil constitutionnel.

L’année 1999 est l’occasion pour l’UNOF de peaufiner avec les spécialistes le projet confédéral.

La mise en place laborieuse de la télétransmission des feuilles de soins via le système Sésam Vitale induit pour les médecins une charge financière dont nous exigeons une compensation ainsi qu’un partage loyal des informations entre caisses et médecins.

Notre syndicat œuvre aussi en faveur de la réforme des études médicales pour que la médecine générale soit reconnue au même niveau que les autres disciplines.

2000 : nous l’avons l’affront !! : le résultat des Unions Professionnelles est clair, net et sans bavure.

Avec 41% des suffrages, l’UNOF est désormais sans contestation possible le premier syndicat généraliste de France.

Ceci a pu être obtenu a travers un message syndical clair grâce à tous les militants de l’UNOF et au charisme du premier d’entre eux son Président Michel Chassang.


En octobre la CSMF et l’UNOF avec elle, délaisse le siège historique de Latour Maubourg, pour la rue de Tocqueville.

La brune Martine Aubry, elle, déménage du Ministère vers la Mairie de Lille. Les brumes du Nord lui paraissent sans doute moins opaques que sa politique de santé.

Pour saluer son successeur, la blonde Elisabeth Guigou, diverses manifestations auront lieu, dans toute la France durant cette fin 2000 et notamment une semaine santé morte entre Noël et le Jour de l’an.

Début 2001, l’UNOF soutient l’initiative du G7, première dans son genre, c’est un texte prospectif entre les syndicats médicaux majoritaires et les principaux syndicats de salariés, (CFTC, CGC, CGT, FO) hormis bien sur la CFDT empêtrée avec MG France.

Après le pseudo « Grenelle de la santé » de Madame Guigou, la contestation s’amplifie à partir du mois de juin au moment où l’UNOF lance l’opération :« honoraires déshonorants » et exige une revalorisation de la consultation à 20 euros avec l’ultimatum de déclencher une grève des gardes de nuit à partir du 15 novembre.

Malgré les tentatives pitoyables de MG France, pour désamorcer ce mouvement, son ampleur dépasse toutes nos espérances témoignant de l’exaspération des médecins de famille.

Le gouvernement fera la sourde oreille à ce mouvement sans précédent qui se poursuivra pendant tout le premier semestre de 2002 et il faudra un nouveau bouleversement politique avec la venue à la santé du Docteur Jean-François Mattei, et le gouvernement Raffarin, pour que notre revendication aboutisse enfin.

Une des conséquences de ces mois de rébellion et la prise de conscience par les médecins généralistes qu’ils ne sont pas taillables et corvéables à merci et déjà une nouvelle contestation se dessine pour une disparition de l’obligation déontologique de la permanence des soins, qui devrait être basée sur le volontariat avec des moyens adéquats.

La mise en place de la Commission Descours, témoigne de la volonté ministérielle d’aboutir, mais la conjonction d’intérêts divergents qui passent par SOS Médecins, certains syndicats hospitaliers, MGFrance et les caisses d’assurance maladie qui traînent les pieds, font qu’il faudra presque deux ans pour aboutir à une réforme qui n’est que partiellement satisfaisante, et qui sera torpillée par la mauvaise volonté des caisses d’assurance maladie, auquel Jean-François Mattei a probablement eu le tort de trop laisser la main avec des avenants conventionnels absurdes 8, 9 10...14 qui se succèdent. Il y perdra beaucoup de son crédit initial auprès de nos confrères très irrités par leur mise en cause injuste et idiote par les services de l’état pour se dédouaner de l’été de la canicule (Patrick Pelloux n’est pas dans la salle).

Avril 2002 : Michel Chassang succède à Claude Maffioli à la présidence à la CSMF, et c’est Michel Combier, généraliste Toulousain, au crâne un peu dégarni, mais bien rempli qui prend le relais à la présidence de l’UNOF.

Au moment où se met en place la réforme décidée en juin 2004 par Philippe Douste-Blazy et Xavier Bertrand, il est indispensable que le nouveau dispositif conventionnel accepté par l’UNOF et la CSMF fin 2004 fasse l’objet d’un accompagnement important pour la mise en place du médecin traitant, du dossier médical et de la CCAM des actes cliniques et que le dossier de la permanence des soins soit résolu sans délai .... Mais ceci est une autre histoire....

Je vous remercie de votre attention... Bernard ROUGIER le 22 Janvier 2005

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