La tarification des actes en médecine générale
Affiches des actes médicaux
  

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Médecin de famille n°51
  

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Mail UNOF Janvier 2010

Parole donnée, parole reprise

La relation entre les médecins libéraux, Généralistes et Spécialistes, repose sur un pilier conventionnel qui s’effrite au fil du temps, risquant d’effondrer le pacte social entre nos professions et la société. L’Assurance Maladie, tiraillée entre plusieurs objectifs dont le moindre n’est pas la recherche de l’équilibre financier, a vu au fil du temps sa marge de manœuvre de négociation réduite à la potion congrue par le monde politique. Lors des dix dernières années, les demandes légitimes des professionnels en termes de rémunération n’aboutissent souvent qu’après un conflit. Ce conflit met toujours mal à l’aise les médecins. Ils sont culpabilisés face aux patients auxquels ont fait croire qu’une augmentation d’honoraires mettrait à bas tout le système de remboursement. L’analyse objective montre que les honoraires sont loin d’être la cause principale de la dérive financière actuelle. Faut-il ne jamais augmenter les médecins généralistes libéraux, sous prétexte d’un mauvais sentiment collectif face à une demande sectorielle ? Dans les milieux salariés hospitaliers, la progression de la rémunération, indiciaire ou de statut, a lieu régulièrement malgré les déficits des hôpitaux publics, dont évidemment les médecins ne sont pas responsables. Il en est de même du secteur libéral. La responsabilité du médecin libéral est évidente à son niveau, et uniquement à son niveau, tout comme le patient à son niveau, les décideurs à leurs niveaux. Ces décideurs demandent toujours plus aux médecins. Plus de services, plus de documents, donc on devrait pouvoir avoir recours à des aides salariées de secrétariat qu’il faut bien financer et promouvoir en termes de salaire. Ce coût de la pratique médicale, qui permet d’accroitre la qualité de la réponse, n’est jamais vraiment pris en compte par ces fameux décideurs. En 2005, on a essayé de mettre en place une dynamique conventionnelle qui permettait une progression des honoraires. Toujours en retard d’un train, elle est vécue avec raison par les médecins de terrain comme un rattrapage d’un dû et non comme une évolution permettant une vision et des investissements à long terme. Après une période de réorganisation, financée à hauteur des difficultés économiques, le politique décide du blocage et s’expose à une opposition d’abord rampante, puis explosive face à ce que les médecins analysent avec juste raison comme une reprise de la parole donnée.



Mail UNOF DÉCEMBRE 2009

Médecine Générale libérale : une profession à respecter

Cette fin d’année est synonyme de révolte dans la profession médicale. Cette révolte est alimentée par l’attitude méprisante du Pouvoir envers les médecins généralistes de ce pays. Une loi a été votée. Entendant à l’époque que le son de cloche de ceux qui viennent de l’abandonner, la Ministre de la Santé a construit une loi basée sur deux orientations principales : répondre au problème démographique que lui remmenaient aux oreilles les élus locaux ; éviter une grève des internes qui désorganiserait fortement les hôpitaux. Il ne restait donc qu’une population à toucher : la piétaille généraliste libérale. Les députés, parfois au-delà du projet de loi, ont suivi comme un seul homme pour cette basse besogne. Un petit coup d’autorisation d’absence, un grand coup de contrat d’exercice déporté sous peine de sanction financière, un schéma d’organisation des soins qu’on clame non opposable, alors qu’on envisage déjà des réquisitions pour ce qui concerne la Permanence de soins. Pendant ce temps, la Ministre de la Santé affirmait que le C à 23 euros était provisionné en 2009 (après l’avoir dit pour 2008), tout en précisant que les objectifs n’étaient pas atteints, oubliant un peu vite qu’aucun accord de maîtrise n’avait été signé. Pour bien montrer l’inutilité des médecins généralistes, on organisait en dehors d’eux la vaccination anti-grippe pandémique. On connait le résultat, on en attend avec impatience le bilan. Pour l’instant, la France a plus de malades que de vaccinés, et même si cette analyse est courte, cela ne peut que questionner.


Mail UNOF Novembre 2009

Crépuscule

La Médecine Générale, celle à laquelle les Français sont attachés, se retrouve blackboulée par une multitude d’avanies et autres évolutions qui font craindre pour son avenir. On sentait bien depuis deux, trois ans que l’époque que nous vivons serait décisive pour le devenir de notre métier (et pas seulement de lui, plus généralement l’exercice libéral des professionnels de santé). Toute une organisation risque d’être mise à mal avec, pour première conséquence, un désintérêt croissant de ceux qui exercent la Médecine Générale ou de ceux qui voudraient l’exercer. Quasiment 15% des Généralistes n’exercent plus que dans le remplacement, va-t-on attendre qu’ils soient 30% pour réagir ? L’évolution devrait être protectrice pour une profession en voie d’extinction. En lieu et place, on augmente les difficultés de l’exercice. Que penser de la déclaration d’absence ? S’agit-il d’une mesure motivante ? Qui va s’investir dans des contrats santé solidarité en pensant que sortir de son cabinet quatre demi journées pour aller jouer aux intermittents de la médecine va valoriser son image ? Comment admettre qu’en demandant aux sages femmes de suivre les examens biologiques liés à la prise des contraceptifs oraux, on enrichit la prise en charge par le médecin traitant de la globalité de la personne. D’ailleurs, ces mêmes sages femmes demandent à être correctement rémunérées pour leur cœur de métier, plutôt que de se voir rajouter du travail sans véritable rémunération complémentaire. On passera rapidement, mais profondément meurtri, sur l’absence de la revalorisation de la Consultation tant de fois promise, suspendue à de nombreux prétextes plus fumeux les uns que les autres.


Mail UNOF Octobre 2009

Les travaux d’Hercule de la Médecine Générale

On a beau aimer son métier, l’exercer avec compétence et humanité, cela ne suffit pas pour répondre à la demande de reconnaissance de nos confrères. En 2002, l’UNOF avait été initiatrice du combat. Elle a continué son travail syndical en 2005 avec le médecin traitant et la hausse régulière du montant de la Consultation. Tout s’est arrêté après la hausse de 1 euro en 2007. Promis, le C à 23 euros reste dans les limbes. Et de quoi nous parle-t-on : de Santé Publique, de Prévention, de prises en charge des maladies chroniques. Sans d’autre moyen que l’augmentation du temps de travail. A trop charger la barque, on passe sous la ligne de flottaison et le navire coule. Devant l’absence de reconnaissance, on voit dans toutes les régions l’abandon de l’exercice libéral par une partie de ceux qui sont à 2,3 ans de l’âge de la retraite. On se prive de professionnels de qualité, véritables bibliothèques médicales de proximité, qu’on regarde brûler sans le moindre geste. On change d’époque. Tous ceux qui exercent la Médecine Générale se sont déjà adaptés depuis une vingtaine d’année à la révolution scientifique, aux atouts et aléas conventionnels. En comparaison, les demandes des patients ont peu changé et sont souvent décalées par rapport aux réels besoins (le recours immodéré et non justifié aux urgences est un exemple emblématique). Nous sommes là pour améliorer la prise en charge et par ce biais faire évoluer l’attitude de nos concitoyens face à leur santé. Peut-on le faire avec efficacité sans moyen nouveau ? Sûrement pas.